Le livre

Les nationalistes connaissent un grand essor en Europe. Enracinée dans les réalités nationales, cette évolution présente des points communs : il s’agit d’abord d’une réaction à la mondialisation et à ses ravages, dans un contexte d’absence d’alternative. D’où une opposition à la supranationalité, à laquelle on répond par un repli sur l’État-nation, synonyme de protectionnisme, xénophobie et même racisme. La critique des élites rime avec l’apologie d’un peuple abstrait. Le mépris de la démocratie débouche sur le culte du chef. À répéter que « nous ne sommes pas dans les années 1930 », on risque de sous-estimer le danger. Il y va de l’avenir de chaque État concerné : niveau de vie, libertés et hostilité à l’immigration. Mais l’avenir de l’Union européenne est aussi en cause : si elle mérite d’être transformée en profondeur pour répondre aux besoins des citoyens, sa destruction constituerait une menace pour un continent si longtemps en guerre.